Point presse Mardi 1er Juin 11h
Voir la vidéo ici :
http://www.dailymotion.com/video/xdil8x_point-presse-sur-la-flottille-de-ga_news
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Communiqué du collectif national pour une paix juste et durable entre palestiniens et israéliens
31 mai 2010 matin – Pour diffusion immédiate
Gaza assiégée, pacifistes assassinés… Israël, criminel !
Dans la nuit de dimanche à lundi, l’armée israélienne a attaqué sauvagement la « Flottille de la liberté » pour Gaza, à bord de laquelle 700 militants internationaux et qui convoyaient 10 000 tonnes d’aide pour la Bande de Gaza sous blocus israélien. Selon les informations à notre disposition, plus de 19 militants ont été tués lors de l’attaque et des dizaines on été blessés.
Le Collectif National pour une Paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens condamne fermement cet acte odieux qualifiable de « crime de guerre ». Contrairement aux mensonges véhiculés par les autorités israéliennes, les militants étaient désarmés, pacifiques, l’ensemble de la cargaison et des passagers ayant été inspectés par les services maritimes. Qui plus est les bateaux étaient dans les eaux internationales. Israël s’est comporté de manière criminelle et s’est rendu coupable d’un nouveau crime de guerre.
Le Collectif National exige des autorités françaises qu’elles prennent une position à la mesure de la gravité des actes commis par Israël. A l’instar de ce qui se passe dans de nombreux pays européens, la France doit convoquer l’ambassadeur d’Israël en France pour l’informer des mesures de rétorsion prises par la France tandis que 7 Français sont à bord. Les autorités françaises doivent en outre exiger la libération de l’ensemble des passagers arrêtés et le libre accès de la cargaison humanitaire à Gaza.
Le Collectif partage la douleur et l’inquiétude des familles des passagers, à propos desquels Israël refuse de donner la moindre information. Le Collectif rappelle sa solidarité avec la population de Gaza soumise à un siège inhumain et réaffirme son exigence de la levée immédiate du blocus illégal qui dure depuis plus de trois ans. D’une façon plus générale la preuve est apportée que les « leviers positifs » en direction d’Israël (comme sont admission au sein de l’OCDE il y a une semaine) l’encourage dans sa politique dévastatrice de la paix et du droit. Seule la fin de son impunité peut permettre d’amener Israël à la raison. Plus que jamais la suspension de l’accord d’association UE-Israël s’impose.
En France et dans le monde, de multiples initiatives de protestation s’organisent. Nous appelons à un premier rassemblement ce soir, à 18h30, Métro Franklin Roosevelt, à proximité de l’ambassade d’Israël.
Les organisations du collectif signataires :
AFD
AFPS
Les Alternatifs
Alternative Libertaire
Américains contre la Guerre - AAW France
Anecr (association nationale des élus communistes et républicains)
ATMF
Collectif Judéo Arabe et Citoyen pour la Paix
CBSP
Cedetim/IPAM
CICUP
CCIPPP
Collectif Faty KOUMBA : Association des Libertés, Droits de l’Homme et non-violence
La Courneuve-Palestine
CJPP5
CMF
CNT
CPPI
FASE
Les Femmes en Noir
FTCR
FSU
Génération Palestine
GUPS - Union Générale des étudiants de Palestine
LIFPL
MPEP
MRAP
NPA
Organisation Femmes Egalité
PSM
PCF
Parti de Gauche
PCOF
UJFP
Union syndicale Solidaires
Les Verts
Les autres organisations signataires :
Collectif iranien contre la guerre, Tadamon, Collectif Palestine Paris 8, Collectif Palestine Paris 13, Collectif Palestine Paris 7, Collectif Palestine Paris UPMC, ACORT, AJPI
Bonjour,
Suite aux nombreuses réactions et interrogations suscitées par la décision du Maire de Paris d’inaugurer une promenade Ben Gourion le 15 avril prochain, quai Branly (7e), en présence du président israélien Shimon Peres, le groupe des éluEs Verts au Conseil de Paris ont souhaité apporter les éléments suivants.
Soucieux d’une paix juste et durable en Israël et en Palestine,
- Le groupe des éluEs Verts a été le seul groupe politique au Conseil de Paris à ne pas avoir voter pour cette délibération lorsque cette proposition a été soumise au Conseil de Paris.
- Le groupe des éluEs Verts parisiens ne participera pas à l’inauguration prévue le 15 avril prochain, et les Verts sont signataires de l’appel protestant contre cette décision.
- Par ailleurs et pour rappel, le groupe des éluEs Verts au Conseil de Paris s’est associé à toutes les interventions des éluEs parisiens en faveur de Salah Hamouri, a voté pour le voeu demandant la citoyenneté d’honneur de la Ville de Paris pour Marwan Barghouti (vœu malheureusement rejeté) ou encore au soutien par la Ville de Paris à l’Union générale des étudiants de Palestine (GUPS) pour lesquels les éluEs Verts ont obtenu, via un vœu, qu’un local leur soit proposés à Paris.
Plus récemment, les éluEs Verts ont voté pour la dénomination d’un lieu en mémoire à Mahmoud Darwish (adopté) et pour la dénomination d’un lieu en mémoire à Yasser Arafat (proposition rejetée).
Bien cordialement.
Sylvain Charpentier
Secrétaire général
Groupe Les Verts au Conseil de Paris
Monsieur le Maire de Paris.
Si le PS a une longue tradition de compagnonnage avec le parti travailliste israélien, il devrait comprendre aujourd’hui que le sionisme, loin d’être le mouvement national juif comme il s’est défini dès ses origines, est un mouvement de conquête d’un territoire, la Palestine, conquête qui a conduit à la destruction de la société palestinienne et à l’expulsion des Palestiniens.
Ben Gourion a été l’organisateur de la conquête et à ce titre porte une lourde responsabilité dans l’histoire. Vouloir lui consacrer une allée dans un jardin parisien apparaît alors comme une marque de soutien à l’organisateur de la conquête militaire de la Palestine. Alors que l’Etat d’Israël né de cette conquête continue d’opprimer les Palestiniens, la décision de la Mairie de Paris n’en est que plus scandaleuse.
Vous pensez peut-être que cette consécration de celui que l’on peut considérer comme le père de la nation israélienne est une marque de sympathie envers les Juifs. Permettez-moi de vous dire, en tant que Juif antisioniste, que cette marque de sympathie est plutôt frelatée et d’une certaine façon une marque d’antisémitisme.
S’il est vrai que le sionisme a gagné la sympathie de la grande majorité des Juifs après la seconde guerre mondiale et le génocide, il n’en reste pas moins qu’il a conduit les Juifs dans une aventure guerrière qui est encore loin d’être terminée. Loin d’être le dernier refuge des Juifs persécutés, l’Etat d’Israël est devenu un Etat guerrier qui ne peut survivre que par la guerre qu’il entretient contre ceux qu’il a expulsé de leur terre et les Juifs qui espéraient, via le sionisme, échapper à l’antisémitisme européen sont devenus les petits soldats de cet Etat guerrier. En cela, le sionisme conduit les Juifs à une impasse. C’est en cela que le soutenir est une forme d’antisémitisme.
De l’Etat qui devait être un havre de paix pour les Juifs du monde, il ne reste que le bastion de l’Occident face à la barbarie comme le disait Herzl dans son ouvrage L’Etat des juifs comme s’il espérait ainsi convaincre les puissances de les soutenir, et sur ce plan il a réussi dans la mesure où les puissances occidentales, les Etats-Unis et l’Union Européenne, soutiennent l’Etat d’Israël et acceptent, voire approuvent, la façon dont il bafoue le droit international. Consacrer un lieu de Paris au fondateur de l’Etat d’Israël apparaît alors comme un soutien à une politique de conquête et d’oppression. Cela est intolérable et pose la question : “comment une partie de la gauche européenne peut-elle soutenir une telle politique ?”
Vous allez en outre inaugurer ce lieu avec le président de l’Etat d’Israël alors que le gouvernement de cet Etat, au nom d’une brumeuse légitimité historique, continue, à travers ce qu’on appelle la colonisation, la conquête de la Palestine et qu’il montre sa volonté de “libérer” la ville de Jérusalem de toute présence palestinienne. Le soutien à la politique israélienne devient ainsi une forme de mépris envers les victimes des agissements israéliens. On peut parler de prime au crime.
Je ne pense pas qu’une telle lettre remette en question votre décision, tant vous ne voulez pas voir la réalité et tant vous confondez vos engagements de gauche et le soutien à une politique de conquête et d’oppression. Je n’espère donc rien d’une telle lettre si ce n’est qu’elle exprime ma colère contre une gauche incapable de défendre ses propres valeurs.
Il est vrai que j’ai appris depuis longtemps que le vent délétère de la SFIO des années cinquante, celle de la guerre d’Algérie, soufflait encore sur le PS d’aujourd’hui.
Je n’ai rien de plus à vous dire.
Rudolf Bkouche
professeur émérite, Université de Lille
membre de l’UJFP (Union Juive Française pour la Paix) et d’IJAN (International Jewish AntiZionist Network)
Lettre ouverte à Bertrand Delanoé
Tout le monde peut comprendre le souhait du Conseil municipal de Paris de rendre hommage à David Ben Gourion en donnant son nom à une esplanade de la capitale. Il fut le père fondateur de l’Etat d’Israël ainsi que son Premier ministre durant plusieurs années. Enfin, il a été l’artisan d’une collaboration étroite entre Israël et la France, en particulier lors de la Crise de Suez et la tentative de renversement du Président Egyptien Gamal Abdul Nasser en 1956, ou encore en contribuant à l’amélioration des liens militaires et stratégiques entre les deux pays après 1967.
Chacun peut ainsi comprendre que les soutiens à Israël au sein de la Communauté juive mais aussi au-delà, accueillent favorablement cette initiative d’une esplanade Ben Gourion.
Je vous écris néanmoins aujourd’hui pour vous rappeler l’autre visage du personnage dont je viens de faire la biographie.
Pour moi, lorsque je pense à lui, voilà les souvenirs qui l’emportent dans mon esprit. David Ben Gourion fut l’architecte ainsi que le cerveau du nettoyage ethnique de la Palestine en 1948. C’est à partir de cette opération d’expulsion que naquit le problème des Palestiniens tel que nous le connaissons toujours aujourd’hui et qui divisa Juifs et Arabes par un conflit sanglant et sans fin qui s’étendit dans tout le Moyen-Orient.
Certes, il ne fut pas le seul mais il reste la figure emblématique de l’expulsion systématique de près d’un million de Palestiniens de leurs maisons, leurs terres, leur patrie. Il a également ordonné la démolition de centaines de leurs villages et de dizaines de leurs villes et a personnellement ordonné leur transformation en colonies juives. Il a également imposé une loi martiale cruelle et sans pitié dirigée contre la minorité palestinienne restée en Israël, qui incluait l’expropriation de leurs terres, l’exil de beaucoup d’entre eux ainsi que le massacre de Kafar Qassim qui eut lieu en novembre 1956 où des dizaines de Palestiniens innocents furent tués par la police israélienne des frontières.
Si l’on tient compte de la situation actuelle d’Israël et de l’aspect criminel de sa politique, semblable à l’apartheid qui était imposé par la communauté blanche en Afrique du sud, il nous apparaît difficile de donner un sens à cette commémoration ainsi qu’à celui qui est honoré. Les crimes commis et la nakbah palestinienne sont toujours de nos jours niés par les autorités israéliennes. Aussi, en donnant le nom de Ben Gourion à une avenue parisienne, ce sera une manière d’accepter et de légaliser ce déni. Cela sera sans aucun doute perçu par la plupart des Parisiens comme une offense. Je m’adresse à vous en tant que militant et historien de la Nakbah, né en Israël et enseignant aujourd’hui au Royaume-Uni, pour vous demander de revenir sur votre décision et de l’abandonner tant que les deux peuples israéliens et palestiniens ne seront pas arrivés à panser les blessures du passé et à se réconcilier. Tout autre décision ne ferait que contribuer à favoriser la poursuite du conflit tout en semant le doute sur les intentions sincères et pacifiques de la politique française en faveur de la paix.
Bien sincèrement
Professor Ilan Pappe
Directeur du centre européen des études palestiniennes
Institut des études arabes et islamiques
Université d’Exeter
Royaume-Unis
Version anglaise
Dear Mr. Delanoé !
On the face of it one can understand the wish of the Counsel of Paris to honour David Ben Gurion with a boulevard. He was the founding father of the state of Israel and its prime minister for many years. And indeed as mentioned in the communique he was responsible for the development of good relationship with France in the attempt to topple President Gamal Abdul Nasser in 1956 and oversaw the improvement of the military and strategic ties between the two countries up to 1967. And one can see how the supporters of Israel in the Jewish community and beyond would welcome such a move. But I am writing to you today to consider the other side of the argument. One which to my mind outweighs the positive reasons for such a decision. David Ben Gurion was the architect of, and the mastermind behind, the ethnic cleansing of Palestine in 1948. An operation that begot the Palestinian problem as we know it today and dragged not only Arabs and Jews into an endless and bloody conflict, but the Middle East as a whole.
He was not alone but he was the most important figure in the systematic expulsion of almost one million Palestinians from their houses, fields and homeland. He also oversaw the demolition of thundreds of their villages and dozens of their towns and personally ordered their transformation into either Jewish settlements or recreational parks.
He then oversaw the imposition of a ruthless and cruel military rule over the Palestinian minority left in Israel, which included the expropriation of their lands, the exile of many and the Kafar Qassim massacre of November 1956 in which dozens of innocent Palestinian were killled by the Israeli border police.
Had contemporary Israel come to terms with the criminal side of his policies and strategies, as did the White community in Apartheid South Africa, then one could consider some sort of a more comprehensive commemoration of the man and his achievements. But as this crime, the Palestinian Nakbah, is still denied today by official Israel, that act of calling an avenue after him would mean accepting and legitimizing the denial. This would undoubtedly seem as an offensive and insensitive act to the vast majority of your citizens, regardless of their ethnicity, religion or cultural affiliation.
I beseech you as an activist and as a historian of the Nakbah, born in Israel and teaching today in the United Kingdom rethink that decision and leave it until both Palestinians and Israelis would be able to face the unpleasant past and reconcile. Any other decision would alas contribute to the continuation of the conflict and cast a doubt on French politicians’ sincere commitment to peace.
Yours sincerely,
Professor Ilan Pappe
Director
The European Centre for Palestine Studies
Institute of Arab and Islamic Studies
University of Exeter
United Kingdom